Comment Gustave a enverdi mon frigo

20170206_130035

Qu’est-ce qui est périmé, déséquilibré, exclusivement sucré, calorique ou liquide ? Le contenu de mon frigo. Je le confesse : je suis plus cinq fruits et légumes par semaine que cinq fruits et légumes par jour. Je mange des tomates en hiver, je pense que les pâtes poussent sur des arbres, les nouilliers, et que le Croustibat est un poisson carré, sans nageoires, très répandu dans tous les océans.

Autant dire que lorsque ces drôles de filaments verts et marrons ont fait leur apparition sur l’étagère basse de mon réfrigérateur, entre un vieux pot de fromage blanc et un masque frais pour le visage, j’ai poussé un cri. Comprenez bien : des espèces de graines vertes, violettes, jaunes, avec de longues tiges, comme des racines, ont envahi ma cuisine ! Ça a l’air vivant en plus. Et le pire : je vais devoir les manger. Cette petite fouine de Gustave, venue passer quelques jours à la capitale, a voulu me tester en glissant ces produits inconnus chez moi et en les oubliant volontairement.

Pas de chance pour cet enverdeur : je suis une journaliste de terrain et je n’ai pas peur de mettre les mains dans le cambouis – et les graines chelou dans ma bouche. Challenge accepted ! Ça tombe bien, il est l’heure de déjeuner, j’ai faim. Les seules denrées comestibles de mon frigo sont trois mini-pizza, une canette de Coca et donc, la verdure. Un assortiment parfait. J’observe longuement les différentes herbes qui ont pris place dans mon assiette. C’est donc ça, des graines germées. J’ignorais qu’il en existait autant de sortes. L’une m’attire beaucoup plus que les autres, avec ses jolis pétales d’un vert éclatant et sa longue tige blanche. J’apprends qu’il s’agit de jeunes pousses de tournesol. C’est croquant, presque un peu sucré, tout à fait à mon goût. La suivante me plaît un peu moins : on dirait des petits cheveux emmêlés, surmontés d’une minuscule feuille. Ces petites touffes vertes sont en réalité du trèfle et de l’alfalfa. A ma grande surprise, c’est tout à fait mangeable ! Un peu croustillant, avec un goût de pelouse – ou du moins l’idée que je m’en fais.

Jusque-là, le défi n’en est pas vraiment un : toutes ces petites choses sont plutôt goûteuses. Je redoute la suite. Le niveau 2 de la graine germée. Gustave, qui reste bienveillant, m’a avertie : dans son assortiment, on trouve des graines germées de radis, qui piquent. Et surtout, des graines de poireau. « Très très qui pique », souligne Gustave. Peur… Je ne suis pas encore prête. Je vais plutôt opter pour le progressif : habituer mon organisme à la verdure non piquante et passer l’étape suivante dans quelques jours. A suivre, donc. Feuilletonner n’est pas l’apanage du seul Canard.

Laisser un commentaire